J. Ullrich : “Je ne suis qu'à 90 %”
Vainqueur du Tour de Suisse, l'Allemand pense encore s'améliorer d'ici le départ du Tour de France
Il ne fait plus rire ses rivaux, Jan Ullrich. Il y a un mois à peine, les conversations sur ses kilos en trop circulaient allègrement sur le bord des routes. Et sa reprise retardée à de nombreuses reprises inquiétait fortement les responsables de la T-Mobile.
Mais en s'adjugeant facilement le Tour de Suisse, ainsi que le clm de dimanche, Ullrich a remis les pendules à l'heure et semble montrer qu'il saura enfin être ponctuel. Alors qu'il avait toujours une semaine de retard avant d'aborder le Tour de France, qu'il a gagné il y a presque... dix ans (1997), cette fois, il semble être sur la bonne voie.
“J'ai toutes les raisons d'être content”, explique l'Allemand. “Nous avons grimpé 22.000 mètres de dénivelé et j'ai fait un très bon contre-la-montre, ce qui était important pour moi, malgré les conditions difficiles. Je n'étais qu'à 90 %. Les 10 qui me manquent, je vais les acquérir jusqu'au départ du Tour. Après un peu de repos et une semaine d'entraînement derrière moto pour gagner du rythme.”
S'il a souvent été critiqué pour avoir commencé tardivement sa saison (au Tour de Romandie, à la fin du mois d'avril) suite à des problèmes au genou, l'Allemand se présentera néanmoins avec 34 jours de course, soit bien plus que sa moyenne des dernières années, qui tournait au-tour de 26 jours de compétition.
Si la concurrence du Tour de Suis- se était moins relevée que celle qui l'attend dans deux semaines, Ullrich a montré qu'il parvenait toujours à hisser son lourd physique en haut des cols. En perdant un peu de temps sur les vrais grimpeurs mais en montant en puissance, au train.
Quand, dimanche soir, après avoir répondu aux obligations du podium protocolaire, rattrapant ainsi les au-tres favoris du Tour qui ont tous gagné (Basso au Giro, Landis à Paris-Nice, Leiphemer au Dauphiné, Evans au Romandie, Vinokourov au Tour de Castille-Leon, Valverde un peu partout, sans oublier Hincapie ou Menchov), il lui a été rappelé qu'en 2004, quelques jours après sa victoire au Tour de Suisse, il avait obtenu sa plus mauvaise place au Tour de France (quatrième), Jan Ullrich a éclaté de rire. “Je ne suis pas superstitieux et en 2004, j'étais malade en début de Tour.”
Ses récentes prestations ont rassuré son entourage, même si Rudy Pevenage a toujours voulu faire confiance à Ullrich. “Il est bien plus fort que ces dernières années”, explique ce dernier.
“Moi, je ne me tracasse pas pour lui”, expliquait ce week-end Maxime Monfort, qui a pu observer l'Allemand au Tour d'Italie et au Tour de Suisse. “Déjà au Giro, il avait un bon coup de pédale et en Suisse, c'est encore mieux. Il va gagner le Tour.”
Ullrich a rappelé ne pas s'occuper de l'état de forme de ses rivaux. Par contre, il espère répondre aux critiques, qui diminuent cependant.
“Prouver que les critiques ne sont pas fondées, bien sûr, c'est satisfaisant”, termine-t-il. “Mais ce n'est pas après une victoire d'étape au Giro ou au Tour de Suisse que l'on peut répondre. C'est le 23 juillet, à la fin du Tour, que l'on fera les comptes.”